Samedi 23 janvier, le groupe PHILIA répondait à l’invitation de l’association « ST DREZERY PATRIMOINE » présidé par Gérard CONTUCCI, en présentant son spectacle « MELINA MERCOURI« .
C’est un spectacle entièrement conçu, réalisé, mis en scène et chanté par les membres de ce groupe amoureux de la Grèce, qui s’est donné comme objectif de promouvoir la culture grecque, et nous conter la vie d’un personnage célèbre grec.
Ce samedi, ce fut le destin hors du commun de Mélina MERCOURI que Michel DINIAKOS nous conta, l’émaillant d’anecdotes tour à tour drôles, émouvantes, tragiques, illustrées par un diaporama riche en photos et vidéos conçu par Joëlle GERVAIS, membre de l’association EURO GRECE FRANCE. Le décor, très chaleureux et intimiste a été réalisé par Dominique FLICHE.
La soirée commença par la projection d’images sur une bande son où nous pûmes entendre un enregistrement de Mélina nous déclamant « Où que me porte mon voyage, la Grèce me blesse« , le poème de Georges Séféris, que, dans les années 1970, exilée de son pays par la dictature des colonels, elle chantait dans toute l’Europe libre.
Vint ensuite la biographie contée par Michel DINIAKOS, entrecoupée de chansons interprétées par YOLA MANTZAVINOS qui, par sa voix, sa fougue, son hypersensibilité nous a émus quelquefois aux larmes, et par Michel, qui, de son timbre à la fois doux et vibrant lui donnait un écho exalté.
Ils furent brillamment accompagnés par Michel ODOUL à la guitare, qui chanta également, de sa voix grave et chaude, et par Dimitri MASTROGIOGLOU qui enflamma les chansons par son jeu rapide, endiablé et métallique du bouzouki.
Nous connaissons tous Mélina MERCOURI. Je vous propose cependant un condensé sur l’histoire de sa vie que je suis allée chercher pour vous sur Internet… Ne me remerciez pas, ça’m fait plaisir ! Le voici donc :
« Melína Merkoúri (née à Athènes le 18 octobre 1920 et morte à New York le 6 mars 1994), est une actrice, chanteuse etfemme politique grecque.
Elle est née dans une famille de la grande bourgeoisie athénienne, originaire d’Argolide dans lePéloponnèse. Son grand-père, Spyrídon Merkoúris, fut maire d’Athènes et son père, député1.
Elle fut élevée par des gouvernantes étrangères et des institutrices françaises qui lui apprirent l’anglais et le français en plus du grec1. Elle se marie à 15 ans pour fuir le milieu familial. Elle divorce à 18 ans.
Elle s’inscrit à l’Institut dramatique du théâtre national d’Athènes, où elle est l’élève de Dimítris Rondíris, un disciple de Max Reinhardt. Il la forme au répertoire ibsénien1. Elle commence alors une carrière de comédienne qui se déroule entre Athènes et Paris, travaillant notamment avec Marcel Achard.
En 1949, elle réussit à échapper au répertoire dans lequel Rondíris l’avait cantonnée. Elle se tourne vers Karolos Koun (en) et la méthode de Constantin Stanislavski. Si elle triomphe dans les pièces contemporaines, ses rôles dans des tragédies antiques ne sont pas aussi réussis2.
Le cinéaste grec Michael Cacoyannis, futur réalisateur de Zorba le grec (1964), lui offre son premier rôle au cinéma en1955 dans Stella, film qui lui apporte d’emblée la notoriété. Peu après, elle rencontre le réalisateur américain en exil Jules Dassin, dont elle devint l’égérie. Dassin la fait tourner dans huit films et ils se marient en 1966. Le film Jamais le dimanche(1960) apporte au couple une grande renommée internationale. Pour ce film, Melina Mercouri reçoit le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes et est nommée aux Oscars2.
Privée de ses droits civiques à la suite du coup d’État fomenté en Grèce par les colonels en 1967, Melina Mercouri s’exile en France. Dans des tournées internationales, elle se fait dès lors le chantre de la résistance grecque à la dictature2.
Dès la chute de la dictature, en 1974, elle rentre en Grèce où elle entame une carrière politique qui l’amène à progressivement arrêter le cinéma. Elle est successivement députée du Mouvement socialiste panhellénique pour Le Pirée en 1978 et ministre de la culture de 1981 à 1989, puis de 1993 jusqu’à sa mort2. Elle s’est battue notamment, mais sans succès, pour le retour des frises du Parthénon exposées au British Museum. Dans le cadre du Conseil européen, elle crée, en 1985, le concept des capitales européennes de la culture. Conçue pour « contribuer au rapprochement des peuples européens », son idée était de désigner deux villes par an pour accueillir le théâtre de manifestations artistiques et mettre à l’honneur leur patrimoine historique et culturel.
Une semaine de deuil national fut décidée à la suite de son décès3.
La Fondation Melina Mercouri s’occupe aujourd’hui de la préservation des monuments grecs antiques. »
Un destin hors du commun, assurément !
Afin d’illustrer sa vie aux multiples facettes, je me suis amusée à créer ce patchwork…
Voici le programme des chansons interprétées par PHILIA :
MELINA, MELINAKI
JE SUIS GRECQUE
MESSOGIOS (Méditerranée)
AGAPI YOU PINES (L’amour est à double tranchant), dansé par Claudiane ESNAULT *
TA PEDIA TOU PIREA (Les enfants du Pirée)
SE POTISSA RODOSTAMO (Je t’ai versé de l’eau de rose)
LA MAISON D’ITHAQUE
JE TE DIRAI LES MOTS
LES BATEAUX DE SAMOS
AU CAFE ST JUSTE
NA SE THIMASSE (Souviens-toi de moi)
LE METEQUE
O KAÏMOS (La douleur)
L’OEILLET ROUGE
PAR 10, PAR 100, PAR 1000
TO METOPO (Le front)
ATHENES MA VILLE
TOI LA MER
* Nous avons eu le plaisir de voir Claudia ESNAULT danser un ZEIBEKIKO pendant la chanson « AGAPI YOU PINES » (vous trouverez le lien plus bas).
Je suis allée à nouveau trouver mon pote Internet pour vous expliquer les tenants zé les aboutissants de cette danse :
« Le ZEIBEKIKO est la danse par excellence liée au REBETIKO. Traditionnellement, elle n’est dansée que par les hommes et par un seul à la fois. Lorsque quelqu’un passe commande à l’orchestre d’un zeibekiko, les autres danseurs doivent quitter la piste, ou tout au plus mettre un genou à terre et taper des mains en rythme pour encourager le danseur.
ll n’y a pas vraiment de pas prédéfinis. Tout est dans l’attitude. Au début, les bras écartés, le danseur fixe le sol comme s’il allait en sortir tous les maux de l’enfer, comme s’il devait dominer ses propres peurs, ses propres démons. Il lui arrive même de frapper le sol pour les défier, un peu comme s’il les appelait à venir se battre. Il titube – pas seulement au figuré, on dit que pour bien danser le zeibekiko, il faut avoir la mastoura (l’ivresse de l’alcool ou du haschich) – il se laisse porter, voire déporter, d’un côté de l’autre, puis, en fonction de la musique, ou des paroles du rebetiko, il s’enhardit, il relève la tête, il tourne sur lui-même, il frappe son talon d’une main, ou passe une jambe au-dessus de la tête de l’un des amis accroupis au bord de la piste. »
A la fin du concert, tout le public était debout, la salle résonnait sous les applaudissements sans fin. Ainsi ovationné, le groupe PHILIA nous offrit une seconde fois « Les enfants du Pirée ».
C’est effectivement un spectacle magnifique, d’une très grande qualité, que je vis pour la quatrième fois, et je dois dire qu’à chaque fois, c’est le même plaisir, le même engouement et les émotions toujours exaltées…
Je vous propose d’en retrouver quelques extraits :
- JE SUIS GRECQUE : https://www.youtube.com/watch?v=ZedE2S1h-Ac
- MESSOGIOS :https://www.youtube.com/watch?v=DheeCrLy_bk
- AGAPI YOU PINES : https://www.youtube.com/watch?v=dnD8nRZL_zE
- TA PEDIA TOU PIREA : https://www.youtube.com/watch?v=vcaipkFtdcE
- LA MAISON D’ITTAQUE et JE TE DIRAI LES MOTS : https://www.youtube.com/watch?v=PwTw3vyTL6g
- AU CAFE ST JUSTE : https://www.youtube.com/watch?v=jisZ1tsTa7A
- L’OEILLET ROUGE : https://www.youtube.com/watch?v=kye-z-Ebes0
- PAR 10, PAR 100, PAR 1000 :
- TO METOPO : https://www.youtube.com/watch?v=jZ5lGPRurTc
- ATHENES MA VILLE : https://www.youtube.com/watch?v=iUa0MGr3RVQ
- TOI LA MER :
La chanson « LE METEQUE« , vous le savez, a été écrite et chantée par Georges MOUSTAKI. Melina MERCOURI l’a maintes fois interprétée, elle en fera un hymne contre la dictature des colonels. Je vous propose de l’écouter dans ce clip qui nous permet de feuilleter quelques photos de cette très belle femme : https://www.youtube.com/watch?v=H0g5QMgSrTI.
Parce que vous êtres très sympas, voici un lien où vous pourrez l’admirer dans cette vidéo, danser et chanter « Les enfants du Pirée » : https://www.youtube.com/watch?v=YCFXGanTx4A.
Et puis, me baladant sur le net, j’ai trouvé ce magnifique poème enregistré par Mélina. Il s’intitule « Paix« , et a été écrit par Yannis RISTOS, poète grec. Il est très très émouvant, et se passe de commentaire… je vous laisse l’écouter : https://www.youtube.com/watch?v=1zEtLwESn6c
Un dernier mot pour rendre hommage à l’association ST DREZERY PATRIMOINE qui a organisé cette soirée d’une main de maître, et nous a conviés à déguster une assiette de mezzés arrosés d’OUZO ! Bravo à son président, Gérard CONTUCCI, sa secrétaire, Jacqueline DOMERGUE et tous les bénévoles de cette très sympathique association.
Allez, pour clôturer, la voici, flamboyante, sensuelle… grecque, quoi ! Dans « Jamais le dimanche » :
A très bientôt lézamis !
Mariejo Goulard